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travailleur posant du sarking sur le toit pour isolation image générée par ia

Qu'est-ce que le sarking ?

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Améliorer l’isolation de sa toiture constitue l’un des leviers les plus efficaces pour gagner en confort thermique, réduire les pertes de chaleur et la facture énergétique. Parmi les solutions existantes, le sarking se distingue par une approche différente : l’isolation est réalisée par l’extérieur.

Cette technique, de plus en plus utilisée en rénovation comme en construction, offre de bonnes performances tout en préservant l’espace intérieur. Pour bien comprendre ce qu’est le sarking et savoir s’il est adapté à votre toiture, penchons-nous sur les principes, les avantages et les contraintes de cette méthode.

Le sarking en bref

Quel drôle de nom pour une technique d’isolation, pensez-vous ? Il provient en effet d’un anglicisme : sark signifie « chemise » dans un vieux dialecte anglais. Aussi le sarking pourrait-il se traduire par chemisage, mais il n’existe pas de mot équivalent en français pour désigner cette méthode.

Le principe est simple : poser un isolant rigide au-dessus de la charpente, directement sur les chevrons, puis installer les éléments qui recevront la couverture. Contrairement à une isolation classique par l’intérieur, le sarking isole la toiture par l’extérieur, sans réduire le volume habitable sous les combles.

La toiture se compose alors de plusieurs couches superposées, du pare-vapeur jusqu’à la couverture, chacune jouant un rôle précis en matière d’isolation, d’étanchéité et de ventilation.

Si cette technique n’est pas nouvelle, elle s’est largement démocratisée avec l’essor de la rénovation énergétique et la recherche de performances thermiques durables.

Les intérêts du sarking

Il existe de nombreuses façons d’isoler une toiture, parmi lesquelles :

  • l’isolation intérieure, sous les chevrons ;
  • l’isolation entre chevrons, parfois complétée par une sous-couverture isolante ;
  • le sarking, l’isolation par l’extérieur.

Voyons pourquoi ce procédé séduit de plus en plus.

Une performance technique souvent meilleure

Avec le sarking, l’isolant recouvre la charpente de manière continue. Cette configuration limite fortement les ponts thermiques et améliore le confort global du logement. Résultat :

  • moins de déperditions de chaleur en hiver ;
  • une meilleure protection en été ;
  • une réduction des consommations énergétiques ;
  • une isolation phonique renforcée.

La conservation de l'espace intérieur

Comme l’isolant est posé à l’extérieur, le sarking n’empiète pas sur l’aménagement intérieur. C’est un atout majeur lorsque les combles sont déjà aménagés ou de faible hauteur.

Autre avantage appréciable : les travaux peuvent souvent être réalisés sans quitter le logement.

Une étanchéité optimisée

Le sarking associe plusieurs membranes d’étanchéité complémentaires :

  • un pare-vapeur côté intérieur ;
  • un écran sous-toiture côté extérieur ;
  • et une lame d’air ventilée sous la couverture.

Voici un exemple d’écran sous-toiture que vous pouvez retrouver sur Bricozor :

Écran sous-toiture Aeromax R3 Suprême de la marque SALOLA, 2 en 1, puisqu’il permet une étanchéité à l’air et à l’eau !

Cette combinaison protège efficacement l’isolant contre l’humidité, les infiltrations d’eau et les entrées d’air parasites. Elle contribue ainsi à la longévité de la toiture et de la charpente.

À noter que le pare-vapeur devient obligatoire dans des conditions climatiques particulières, notamment :

  • lorsque la température peut descendre sous – 15 °C ;
  • à partir de 900 m d’altitude.

Un esthétisme uniforme

Pour ceux qui envisagent une rénovation complète du toit, le sarking permet de repartir sur une base homogène, sans zones mal isolées. La toiture gagne en régularité et en performance sur toute sa surface.

Les différentes couches de la toiture

Pour bien comprendre le fonctionnement du sarking, observons l’empilement des couches, de l’intérieur vers l’extérieur.

La charpente

L’ossature en bois (les chevrons) constitue la base de la toiture existante. En rénovation, elle est conservée et sert de support à l’isolation par l’extérieur.

Le pare-vapeur

Posé côté intérieur, entre l’isolant et les parements, le film pare-vapeur empêche la vapeur d’eau produite dans le logement de migrer vers l’isolant et d’altérer ses performances. Plus sa valeur Sd est élevée, plus il est étanche à la vapeur. Pour être efficace, sa pose doit être continue, parfaitement étanche aux jonctions et toujours associée à une ventilation performante, comme une VMC.

L'isolant rigide

Des panneaux rigides sont ensuite installés au-dessus des chevrons : polystyrène extrudé, polyuréthane, laine minérale sous forme rigide ou encore fibres naturelles.

Leur épaisseur se choisit selon la résistance thermique (valeur R), c’est-à-dire la performance d’isolation que vous souhaitez obtenir. En rénovation, on vise souvent au minimum 160 à 200 mm d’isolant rigide. Pour des performances supérieures, on monte encore plus. Votre artisan ou conseiller technique saura vous guider selon la zone climatique, l’orientation du toit, etc.

L'écran sous-toiture

L’écran sous-toiture se pose au-dessus de l’isolant, juste sous les éléments de fixation de la couverture. Généralement de type HPV (Haute Perméabilité à la Vapeur), il protège la toiture contre l’eau, le vent et la neige poudreuse, tout en permettant à l’humidité résiduelle de s’évacuer vers l’extérieur.

Les liteaux

On fixe ensuite les liteaux (et contre-liteaux) qui créent une lame d’air ventilée sous la couverture et servent de support aux tuiles, aux ardoises ou autres matériaux de toiture.

Cette étape nécessite une visserie adaptée, suffisamment longue et résistante à la corrosion, afin de traverser l’ensemble des couches sans fragiliser la structure. Une fixation mal dimensionnée peut en effet compromettre la durabilité de l’ensemble de la toiture.

 

Vous trouverez ci-dessous, un exemple en vidéo d’une technique de sarking :

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Les inconvénients à connaître

Oui, il y en a quelques-uns. Le sarking n’est pas une solution miracle et il faut anticiper certaines contraintes.

Le coût

Le sarking se révèle souvent plus coûteux qu’une isolation intérieure classique pour trois raisons principales :

  1. Plus de matériaux (isolant rigide, membrane spécifique, fixation…).
  2. Un besoin de main-d’œuvre plus qualifiée.
  3. Une logistique de chantier un peu plus complexe (échafaudage, outils de manutention …).

Toutefois, la dépense se rentabilise souvent grâce aux économies d’énergie réalisées sur la durée.

Un chantier plus technique

Poser un sarking ne s’adresse pas au bricoleur du dimanche. Il faut maîtriser :

  • la continuité de l’étanchéité ;
  • la pose sans ponts thermiques ;
  • la ventilation de l’espace sous couverture.

Faire appel à un artisan compétent assure la réussite du projet.

La charge sur la structure

Les panneaux isolants rigides ajoutent du poids. Il faut vérifier que la charpente peut supporter cette charge supplémentaire. Là encore, un contrôle par un professionnel est fortement recommandé.

Le sarking est-il adapté à tous les toits ?

Non, le sarking n’est pas adapté à tous les types de toits. Il est conçu pour les toitures inclinées et exclut donc les toitures plates et les toits-terrasses.

Et même pour les toitures inclinées, il existe une condition technique essentielle : le platelage.

Le sarking nécessite en effet un support continu pour recevoir les panneaux isolants, les fixations et l’écran sous-toiture. Ce support, c’est le platelage, généralement constitué de :

  • voliges en bois ;
  • panneaux OSB ;
  • ou panneaux dérivés du bois.

Le choix des matériaux

Pour une pose optimale, le professionnel doit vous proposer :

  • une isolation rigide certifiée (panneaux certifiés, adaptés à la pose extérieure) ;
  • une membrane d’étanchéité respirante, essentielle pour laisser évacuer l’humidité tout en bloquant l’eau ;
  • une visserie inoxydable ou traitée pour éviter la corrosion au fil des années ;
  • une quincaillerie de qualité, résistante aux intempéries ;
  • une ventilation adaptée (un vide ventilé ou des grilles bien positionnées prolongent la vie du toit).

Lés étapes clés d'un chantier sarking

Chaque chantier dépend de la configuration, mais il y a cependant des étapes à respecter.

  1. Diagnostic de la toiture existante pour vérifier l’état du bois, des chevrons, des fixations antérieures.
  2. Préparation de la structure. Nettoyage et remplacement des éléments abîmés.
  3. Pose du pare-vapeur.
  4. Fixation des panneaux isolants.
  5. Pose de la membrane d’étanchéité.
  6. Installation des liteaux.
  7. Pose de la couverture.

Avant de se lancer : réglementation, aides financières et points de vigilance

Avant d’engager des travaux d’isolation par sarking, il est important de prendre en compte plusieurs éléments réglementaires et administratifs. Cette étape conditionne la faisabilité du projet et son budget final.

Les obligations réglementaires

En rénovation, le sarking doit respecter les règles définies par le DTU 40 (Document Technique Unifié) de la couverture. Il encadre notamment :

  • la mise en œuvre de l’écran sous-toiture ;
  • la ventilation sous couverture ;
  • les systèmes de fixation traversant l’isolant.

Par ailleurs, une modification de l’aspect extérieur du toit (rehausse, changement de couverture, ajout d’épaisseur visible) peut nécessiter une déclaration préalable de travaux, voire un permis de construire dans certaines zones (secteur sauvegardé, bâtiment classé).

Renseignez-vous en mairie avant d’envisager le chantier.

Les aides financières accordées pour le sarking

Le sarking peut ouvrir droit à certaines aides à la rénovation énergétique, à condition que :

  • les matériaux utilisés atteignent une résistance thermique minimale conforme aux exigences en vigueur ;
  • les travaux soient réalisés par une entreprise qualifiée RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Selon votre situation, vous pouvez notamment bénéficier de MaPrimeRénov’, de certificats d’économies d’énergie (CEE) ou d’aides locales. Le montant dépend de la performance de l’isolant, de la surface traitée et de vos revenus.

Les points à vérifier avant de signer un devis

Avant de valider un projet de sarking, assurez-vous que le devis mentionne clairement :

  • la création ou la présence d’un platelage continu ;
  • le type d’écran sous-toiture (HPV recommandé) ;
  • l’épaisseur et la performance de l’isolant ;
  • la nature des fixations traversantes ;
  • la gestion de la ventilation de la toiture.

Un devis précis reste le meilleur indicateur du sérieux du professionnel et de la durabilité future de votre toiture.

Le sarking est une solution d’isolation de toiture efficace, performante et durable. Elle demande un peu plus d’investissement et de technique, mais les bénéfices sur le confort thermique et les économies d’énergie sont souvent au rendez-vous. Si vous envisagez une rénovation de toiture ou si vous construisez une maison, prenez le temps d’en discuter avec un professionnel qualifié, posez des questions sur les produits, et surtout n’hésitez pas à comparer plusieurs devis.

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